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RGPD en mairie : DPD, registre des traitements et droits des personnes

La commune responsable de traitement : désignation obligatoire d'un délégué à la protection des données, registre des activités, bases légales, droits des personnes, vidéoprotection, AIPD et notification des violations à la CNIL.

Publié le 16/06/2026 · 9 min de lecture · Numérique & données

Une mairie gère quantité de données personnelles : état civil, listes électorales, RH, cantine, vidéoprotection… Elle est, à ce titre, responsable de traitement et pleinement soumise au RGPD. Voici l'essentiel pour être en conformité sans se noyer.

1. La commune, responsable de traitement

La commune décide des finalités et des moyens de ses traitements : elle en est responsable. Le maire, en tant qu'exécutif, porte cette responsabilité. La conformité RGPD n'est pas optionnelle pour une autorité publique.

2. Le délégué à la protection des données (DPD/DPO) : obligatoire

La désignation d'un délégué à la protection des données est obligatoire pour les autorités publiques, donc pour toutes les communes, quelle que soit leur taille. En pratique, les petites communes mutualisent ce rôle :

Le DPD est déclaré à la CNIL et ses coordonnées sont rendues publiques.

3. Le registre des activités de traitement

La commune tient un registre recensant ses traitements : état civil, listes électorales, paie, gestion des agents, cantine et facturation, inscriptions scolaires, vidéoprotection, site internet, fichiers d'administrés, etc. Pour chaque traitement : finalité, base légale, catégories de données et de personnes, destinataires, durée de conservation, mesures de sécurité.

4. Les bases légales propres au secteur public

Une commune ne fonde que rarement ses traitements sur le consentement. Elle s'appuie le plus souvent sur :

Conséquence importante : pour ces traitements, le droit à l'effacement et le droit d'opposition sont limités — on ne peut pas effacer un acte d'état civil sur simple demande.

5. Les droits des personnes

Les administrés disposent de droits que la commune doit savoir traiter : accès, rectification, effacement (dans les limites ci-dessus), limitation, opposition et portabilité. Une demande doit recevoir une réponse dans le mois. Le DPD est le point de contact.

6. Les traitements à surveiller

7. L'analyse d'impact (AIPD)

Pour les traitements susceptibles d'engendrer un risque élevé pour les droits des personnes (vidéoprotection étendue, dispositifs biométriques, fichiers sensibles), une analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD) est obligatoire, en lien avec le DPD.

8. La violation de données

En cas de fuite, perte ou accès non autorisé à des données (vol d'ordinateur, rançongiciel, envoi à un mauvais destinataire), la commune doit notifier la CNIL dans les 72 heures lorsque la violation présente un risque, et informer les personnes concernées si le risque est élevé.

9. Articulation avec les archives

Les durées de conservation RGPD doivent être cohérentes avec les durées d'utilité administrative (DUA) et les obligations d'archivage public. On ne supprime pas un document soumis à conservation au seul motif du RGPD — voir notre guide conservation des documents en mairie.

10. Réflexes pour la mairie

À lire aussi : au-delà du RGPD, le site de la commune doit être accessible aux personnes handicapées (RGAA) — une obligation légale distincte, elle aussi sanctionnable.

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les textes en vigueur. Vérifiez toujours la version consolidée sur Légifrance :

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