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La convention de mise à disposition d'une salle communale : contenu et clauses indispensables

Ce que doit contenir une convention de mise à disposition d'une salle communale : objet, durée, redevance, caution, assurance, obligations du bénéficiaire, résiliation. Clause par clause, avec les pièges à éviter.

Publié le 18/08/2026 · 9 min de lecture · Domaine communal

Une salle communale se prête rarement sans écrit — mais l'écrit en question est souvent un document Word recopié de location en location, dont plus personne ne sait qui l'a rédigé. Or c'est la seule pièce qui permettra à la commune d'opposer quoi que ce soit au bénéficiaire en cas de problème. Ce guide décortique la convention clause par clause.

1. Pourquoi une convention, et pas une simple autorisation

Une salle communale fait partie du domaine public de la commune dès lors qu'elle est affectée à l'usage direct du public ou à un service public et qu'elle a fait l'objet d'un aménagement indispensable. Son occupation privative obéit donc à trois principes :

La convention est l'instrument qui matérialise ces trois points et y ajoute ce qu'une simple autorisation ne peut pas porter : les obligations réciproques, le sort de la caution, les modalités d'état des lieux.

À ne pas confondre : la convention n'est pas un bail. Qualifier le document de « contrat de location » ou y introduire des clauses de droit locatif est une erreur : cela laisserait entendre que le bénéficiaire dispose d'un droit au maintien dans les lieux, ce qui est exclu sur le domaine public.

2. Les clauses indispensables

Article 1 — L'objet

Identifiez précisément la salle (et non « la salle communale » en général si la commune en compte plusieurs), les locaux annexes inclus ou exclus — cuisine, vestiaire, local technique —, le matériel mis à disposition, et l'usage projeté. Ce dernier point n'est pas décoratif : il fonde le refus ultérieur d'un usage différent de celui annoncé.

Article 2 — La durée

Date et heure de début, date et heure de fin. Les heures sont ce qui manque le plus souvent, alors que c'est précisément l'objet des litiges (installation la veille, rangement le lendemain). Rappelez dans le même article le caractère précaire et révocable de l'occupation.

Article 3 — Les conditions financières

Trois montants distincts, à ne pas mélanger :

Précisez aussi les frais accessoires : chauffage, forfait ménage si la salle n'est pas rendue propre, remplacement de vaisselle cassée.

Article 4 — L'état des lieux

La clause doit prévoir un état des lieux contradictoire à l'entrée et à la sortie, signé des deux parties. Ajoutez la mention qui sauve les situations où l'état des lieux d'entrée n'a pas pu être fait : « à défaut d'état des lieux d'entrée, les locaux sont réputés avoir été remis en bon état ». Sans elle, la commune se retrouve dans l'incapacité de démontrer quoi que ce soit.

Article 5 — Les obligations du bénéficiaire

Les points à couvrir : respect de la capacité maximale de l'établissement recevant du public, respect des consignes de sécurité affichées et des issues de secours, respect des horaires et de la tranquillité du voisinage, nettoyage et évacuation des déchets, restitution des clés, interdiction de la sous-location.

Si une buvette est prévue, renvoyez explicitement à l'autorisation distincte d'ouverture d'un débit de boissons temporaire, qui relève d'un arrêté du maire et non de la convention.

Article 6 — Assurance et responsabilité

Le bénéficiaire justifie d'une assurance en responsabilité civile couvrant les dommages liés à l'occupation, et remet l'attestation avant la remise des clés. Il demeure responsable des dégradations causées aux locaux, au mobilier et au matériel. La commune, de son côté, reste tenue de la sécurité du bâtiment : aucune clause ne peut lui transférer cette obligation.

Article 7 — Résiliation

Prévoyez la faculté pour la commune de retirer l'autorisation à tout moment pour motif d'intérêt général, de sécurité ou de trouble à l'ordre public, sans indemnité. C'est le corollaire direct du caractère précaire de l'occupation domaniale, et son absence dans la convention affaiblit inutilement la commune.

3. Les clauses facultatives qui servent vraiment

4. Signature et conservation

La convention est signée par le maire — ou par l'adjoint titulaire d'une délégation de fonction en la matière — et par le bénéficiaire, en deux exemplaires originaux. Un exemplaire reste en mairie avec l'attestation d'assurance et les états des lieux.

Conservez l'ensemble au moins cinq ans. Ce délai couvre la prescription de droit commun en matière de responsabilité contractuelle, et permet de documenter les manquements répétés d'un même bénéficiaire si un refus doit un jour être motivé.

5. Le tableau des erreurs à éviter

Sources officielles

Cet article s'appuie sur les textes en vigueur. Vérifiez toujours la version consolidée sur Légifrance :

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